Alton, Étiennette – fille à marier

Étiennette Alton

Étiennette Alton est la fille de François Alton et Étiennette Barillay (Barille). Le métier de son père est maréchal.

Étiennette est baptisée le 13 novembre 1638 dans la paroisse Saint-Thomas à La Flèche, Sarthe, France. 

 

Étiennette a 1 frère et 4 sœurs qui sont également  baptisés dans la paroisse Saint-Thomas.
– Françoise est baptisée le 29 avril 1634.
– Estiennette est baptisée 17 octobre 1653.  Elle est inhumée le 4 décembre     1635.
– Charlotte est baptisée le 22 novembre 1636. Elle est inhumée le 5 janvier 1638.
– Étiennette voir plu haut.
  François est baptisé le 29 novembre 1641.
  Marie est baptisée le 22 décembre 1642.

En 1659, elle s’engage auprès de Claude Robutel, sieur de Saint-André.

Étiennette et d’autres ont accepté de se marier, d’avoir des enfants et d’assurer la viabilité future du règlement de Ville Marie. En contrepartie, la société a payé le coût de son voyage et lui a fourni une petite dot pour mettre en place un ménage. Étiennette a rejoint Robutel et sa femme pour un voyage en mer vers la Nouvelle-France.

La Recrue de 1659 pour Montréal fut une expédition très dramatique. Dès avant le départ de La Flèche les habitants de l’endroit, en apprenant que des religieuses et des jeunes filles vont partir pour s’embarquer à La Rochelle à destination du Nouveau Monde, sont sceptiques à la pensée que « ces frêles demoiselles » vont le faire de leur plein gré et croient plutôt qu”elles seront embarquées de force. Le 26 mai à la vue des chevaux ils leur bloquent la route et M. ROBUTEL de Saint-André et d’autres gentilshommes formant leur escorte forcent leur passage à travers la foule, la menaçant de leur épée. ROBUTEL amène avec lui sa nouvelle épouse Suzanne de GABRIEL.

Capitaine est Guillaume Poulet.

Elle embarque à bord du St-André, à la Rochelle.

En juillet le navire le Saint-André est prêt à partir mais il a servi pendant deux ans à la marine de navire hôpital et il n’a pas eu depuis de quarantaine et est infecté de la peste. À peine en mer la contagion gagne tous les passagers. Huit à dix personnes mourront en mer et peut-être dix-huit en tout avec ceux décédés à l’arrivée à Québec selon l’abbé Faillon qui en a fait le relevé. Le navire est arrivé à Québec le 7 septembre vers les 7 heures du soir et vu l’heure avancée on ne débarque que le lendemain. L’hôpital de Québec est rempli des malades les plus mal en point et les autres sont logés dans le « magasin de Montréal », un entrepôt où les marchandises étaient placées en attendant de partir sur de petits navires pour Montréal. Ce ne fut pas la seule épreuve qu’ils durent endurer car le navire « essuya les plus furieuses tempêtes et fut en danger évident de périr ». Les Relations signalent l’arrivée sur ce navire de deux prêtres : Jacques LEMAÎTRE et Guillaume VIGNAL, Sulpiciens. 

Il a fallu 22 jours pour arriver à Ville Marie via un petit bateau connu sous le nom de “chaloupe”. Elle arrive donc le 29 septembre 1659.  Elle arrive donc à Montréal âgée de 21 ans.

Étiennette passe un contrat de mariage dès le 9 décembre 1659 devant le notaire Bénigne Basset, avec Marin Hurtubise, Marin Hurtebise est née le 26 octobre 1631. Il est le fils d’André et Renée Hermange, originaire de Roeze-sur-Sarthe ou St-Remi de Sille-le-Guillaume, Le Mans, France.

La cérémonie a lieu le 7 janvier 1660 à la Basilique de Notre-Dame de Montréal. Claude Robutel et Suzanne Gabriel sont témoins à leur mariage.


Marin est domestique engagé de Jean-Baptiste Mignon.

Confirmation:  le 24.02.1660 à Québec

La famille s’installe à Ville-Marie, Montréal.

Le 7 novembre 1660,  à Montréal, à lieu la naissance de Pierre Hurtubise.
*** Pierre épouse Marie-Geneviève Courault. Ils ont 5 enfants. Pierre décède le 19 novembre 1705 à Montréal.

Le 2 mars 1661,  à Montréal, à lieu la naissance d’Étiennette Hurtubise.

Le 5 juin 1665,  à Montréal, à lieu la naissance de Jean Hurtubise.

Recensement de 1666
Marin Hurtubise, 33, habitant
Étiennette Alton, 25, sa femme
Pierre, 5, fils
Étiennette, 4, fille
Jean, 6 mois, fils

Recensement de 1667
Marin Heurtebise, 35
Étiennette Alton, 22, sa femme
Pierre, 6, fils
Étiennette, 5, fille
Jean, 2, fils
Nicolas, domestique engagé
8 bestiaux
30 arpents en valeur

Le 25 août 1667, à Montréal, à lieu la naissance de Louis Hurtubise. ***Louis épouse Jeanne Gateau. Le couple on 6 enfants. Louis décède le 24 janvier 1703 à Montréal.

Le 24 février 1670, à Montréal, à lieu la naissance de Marie Hurtubise. *** Marie épouse Paul  Descaries. Le couple on un garçon. Marie décède le 17 février 1703 à Montréal.

Le 14 février 1672, à Montréal, à lieu la naissance de Marin Hurtubise.

Marin Hurtubise décède le 12 mai 1672. 

Étiennette passe un contrat de mariage, un mois plus tard, soit le 12 juin 1672 avec Barthélemy Vinet dit Larente, devant le notaire Bénigne Basset . Barthélemy est le fils de François et Denise Brunet.

La cérémonie a lieu le lendemain le 13 juin 1672 à la Basilique de Montréal de la paroisse de Notre-Dame. Elle est célébrée par le curé G. Perot. Les témoins à leur mariage sont M. Migeon de Branssart, procureur fiscal de ce lieu, M. Johan (Jean) Gervaise, M. Chevalier, M. Leduc et René Moriau.

La famille s’installe au fief de Verdun, à Lachine.

Vinet a travaillé pour Jean-Baptiste Migeon, un activiste qui est allé en prison pour avoir accusé le gouverneur de Montréal d’avoir violé les lois sur le commerce des fourrures et a ensuite été accusé d’avoir enfreint les mêmes lois


Le 18 février 1674, à Montréal, à lieu la naissance de Marie Cunégonde Vinet. ***
Marie Cunégonde épouse François Dubois – Brisebois, le 31 août 1693. Marie décède le 24 août 1760, à Pointe-Claire.

Le 23 novembre 1675 à Montréal, à lieu la naissance de Marie Madeleine Vinet.  Marie Madeleine décéde le 21 août 1738, à l’hôpital général de Québec.

 Vers 1678, à Montréal, à lieu la naissance de Guillaume Vinet. 

Guillaume devient engagé ouest le 27 mai 1701. ***Guillaume épouse le 2 janvier 1715 à Pointe-Claire, Montréal avec Marie Anne Denis St-Denis.

Le 7 avril 1680 à Lachine, Montréal, à lieu la naissance de François Vinet. François épouse Marie Angélique André St-Michel, le1er mars 1701 à Montréal.

Recensement 1681 Census :Fief Verdun:
Barthelemy Vinet, 48
Étiennette Alton, 42, sa femme
Pierre Hurtubise, 20, fils d’Étiennette
Jean Hurtubise, 16, fils d’Étiennette
Louis Hurtubise, 14, fils d’Étiennette
Marie Hurtubise, 11, fille d’Étiennette
Marin Hurtubise,9, fils d’Étiennette
Gunégonde Vinet, 7,
Madelaine Vinet, 6,
Guillaume Vinet 3
3 fusils
18 bêtes à cornes
36 arpents en valeur.

Le 16 février 1683, à Lachine, Montréal, à lieu la naissance de Barthélémi   Vinet.*** Barthélémi  est inhumé le 9 août 1684 à Lachine.

Le 23 octobre 1686 au District judiciaire de Montréal, a lieu la curatelle des enfants mineurs de feu Marin Hurtubise et d’Étiennette Alton.

voir 1 document de 4 pages CC601,S1,SS1,D17

Barthelemy décède le 18 novembre 1687. 

Le 21 et 22 novembre 1687, au District judiciaire de Montréal, a lieu le procès pour la tutelle des enfants mineurs d’Étiennette Alton, des défunts Marin Hurtibise, son premier époux, et Barthélemy Vinet Larente, son second époux.

1 document de 8 pages – CC601,S1,SS1,D22

 

 

 

 

 

Étiennette passe un contrat de mariage, une troisième fois, le 13 décembre 1688 avec Claude Garigue dit Languedoc, un homme de 13 ans son junior, fils de Claude et Marguerite Garigue, devant le notaire Bénigne Basset. Au mois d’avril suivant, voulant se retirer dans un couvent, elle annule ce contrat. Par contre, elle fini par se marier de toute façon le 18 octobre 1689, à Lachine. Elle a alors 51 ans. 

Le 21 avril 1692, au District judiciaire de Montréal, a lieu l’ordre:

«Vu la requête ce jourd’hui présentée au Conseil par Etiennette Alton femme de Claude Garigue demeurant à Montréal, à ce que pour les raisons y contenues alléguées à l’encontre dudit Garigue, et que Monsieur l’intendant partira dans peu de temps pour se rendre audit Montréal, il soit dit que lesdites parties seront jugées et réglées définitivement par mondit sieur l’intendant s’il lui plaît, vu aussi une autre requête aussi ce jourd’hui présentée en ce Conseil par Jean Quenet maître chapelier, au nom et comme tuteur des enfants mineurs de défunt Marin Heurtebise et de ladite Alton et ci-devant tuteur aux enfants mineurs de défunt Barthélemy (Barthélémi) Vinet dit LaRente et de ladite Alton, aussi à ce que pour les raisons y contenues il soit dit que l’instance d’entre ledit Quenet et ledit Garigue en reddition de comptes sera réglée et jugée définitivement par Monsieur l’intendant s’il lui plaît lorsqu’il sera arrivé à Montréal. Le Conseil, pour éviter les longueurs de procédures et les frais, a ordonné et ordonne que les parties se retireront par devers Monsieur l’intendant lorsqu’il sera arrivé audit Montréal, pour être par lui réglées définitivement ce que ledit Conseil la prié de vouloir faire. BOCHART CHAMPIGNY.»

1 document 1 page – TP1,S28,P4124 ou 1 document 1 page – P1,S28,P4670

Le 16 mai 1692, au District judiciaire de Montréal, a lieu le procès pour la tutelle des enfants mineurs de feu Marin Hurtubise et d’Étiennette Alton.

1 document de 2 pages. CC601,S1,SS1,D41

 Le 27 octobre 1692  au 22 décembre 1692, au District judiciaire de Montréal

«Défaut à Claude Garigue menuisier à Montréal, de présent en cette ville, appelant de sentence du bailliage de Ville-Marie île de Montréal du onze juillet dernier contre Etiennette Alton sa femme intimée et défaillante, faute d’être comparue à l’assignation à elle donnée suivant. L’exploit du 27e octobre aussi dernier signé Lemoyne; et soit signifié par le premier huissier ou sergent sur ce requis auquel est enjoint d’ainsi le faire pour en venir par elle ou par procureur au premier jour que le Conseil rentrera après les vacances des semences finies. BOCHART CHAMPIGNY.»

1 document 1 page – TP1,S28,P4247. ou 1 document  1 page -TP1,S28,P4794

Au début de 1690, Michel Garnier voit Claude Garigue “traîner sa femme Tainette (Étiennette) Alton par les cheveux au milieu de la rue comme un animal mort, la battre avec un bâton et il veut aussi la battre avec une hache. Mais Garnier attend Jusqu’au jour de Noël en 1692 pour aller au notaire Jean-Baptiste Pottier avec l’intention de signer une déclaration contre Garigue. Nous ne saurons jamais pourquoi Garnier a attendu si longtemps pour déposer ces accusations: était-ce la peur ou l’indifférence?

Le 14 janvier 1693, la femme Alton s’adresse au tribunal baillager pour obtenir séparation de corps d’avec son mari. La requérante fait état des mauvais traitements qu’elle subit journellement « ainsy que de la dissipation de ses biens ». Bien plus, « son mary la roue de coupz de baston de poing et de pied, la traisne par terre et la voulu esgorger en la foullant aux pieds ».  Bref, la malheureuse « couroit risque de sa vie ». Fort heureusement qu’à ses cris, plusieurs personnes se portent à son secours.

Mais le mari débauché ne s’en tient pas à ces batteries. Au foyer, les disputes se succèdent du matin au soir. Selon la déposante, ce climat va « la faire mourir en langueur tandis que luy (Garigue) fait bonne chère et ce saoule aux despens de son bien et des grains qu’elle a recueilly » L’homme n’a-t-il pas toujours bien mangé et bien bu?

Si Garigue s’en tenait aux plaisirs de la table et de l’alcôve, passe encore. Mais au dire de sa femme, c’est un sadique qui éprouve le besoin maladif de se livrer périodiquement à la plus grossière brutalité. Un soir, par exemple, après avoir battu la déposante comme à l’accoutumée, il la trainée dans la boue et lui a mit « de la fiente de vache dans sa bouche pour l’empêcher de crier » Prise de peur et de dégout, la pauvre femme se sauve chez ses enfants.

Qu’on invoque l’envoutement, le maléfice ou le mauvais traitement, retenons que plusieurs ne considèrent plus les liens matrimoniaux comme indissolubles, vers la fin du 17e siècle.

(Source : Séguin Robert-Lionel « La vie libertine en Nouvelle-France au 17ème siècle » Leméac, 1972- Pierre Lalonde)

Claude Garigue décède un an plus tard, le 21 décembre 1693, à Montréal.

7 septembre 1695 – 23 septembre 1695, au District judiciaire de Montréal, a lieu La licitation et adjudication de la concession de feu Claude Garigue, époux en troisièmes noces de feu Étiennette Alton. 

«Ce dossier d’administration judiciaire est composé des pièces suivantes : une requête de Jean Quenet, de Lachine, et des cohéritiers de Marin Hurtubise et Barthélemi Vinet dit Larente, pour la vente par criée de la concession de feu Claude Garigue, époux en troisième noce de feu Étiennette Alton, ainsi que l’ordre de procéder à la criée; de diverses offres d’intérêt adressées au notaire Saint-Martin ( Adhémar ) pour le sieur de Rané; d’affiches et de certifications des criées par Maugue et Cabazier suivi de la proposition de Jean Milot; la déclaration de saisie ” bonne et valable “; les enchères entre Jacques Beaudry faisant pour François Legantier, sieur de Rané et Louis Lechevalier. »

1 document de 13 pages – L4,S1,D132

Le 8 avril 1701, au District judiciaire de Montréal, a lieu le procès entre François Hazeur, marchand de Québec, demandeur, représenté par Jean Soumande, et Claude Garigue, mari d’Étiennette Alton, défendeur, pour le paiement de 55 livres dû pour le loyer d’une maison.( Claude Garigue est décédé le 21 décembre 1693???)

1 document de2 pages – TL4,S1,D486

Le 2 mars 1704 – 15 juillet 1704. au District judiciaire de Montréal, a lieu le procès entre Pierre Peire, Augustin Tréhet et Martin Delisle, ayant les droits cédés de Charles de Couagne, demandeurs, et François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, sa femme, défendeurs, pour la saisie d’une concession sur obligation .

«Ce dossier de matière civile est composé des pièces suivantes : les cahiers des criées pour la vente par adjudication d’une concession appartenant à François Dubois et Cunégonde Vinet, à la requête de Guillaume Delort, procureur de Peire, Tréhet et Delisle ; la transcription d’une déclaration notariée par Étiennette Alton, veuve de Vinet dit Larente, en son nom et celui de Guillaume et Madeleine Vinet, ses enfants, se déclarant opposante à la distribution des biens de Dubois ; la signification de l’opposition à Delort et celle de l’assignation à comparaître à Dubois pour proposer des moyens de nullité ; et la requête de ce dernier pour nommer deux praticiens pour certifier les criées . »

documents 32 pages – TL4,S1,D750

Étiennette a vécu encore pendant 29 ans. Elle est décedée et est inhumée à Montréal,  juste avant Noël, le 19 décembre 1722, à l’hôpital Notre Dame de Montréal,  à 84 ans. 

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